«Français LingQ Intermédiaire» 75-76

Marianne et Serge — Médias, Partie 1

Диалог 75

  Marianne: Alors, mis à part Michael Jackson?
  Serge: Mis à part Michael Jackson? J’ai un… Michael, tu sais
  Marianne: Oui.
  Serge: Qui étudie le français, qui m’a envoyé un mail aujourd’hui.
  Marianne: Oui.
  Serge: Sur des réactions qu’il a recueilli de, je ne sais pas sur quel magazine il a trouvé ça, enfin sur internet, par rapport au film de Artus Bertrand, c’est ça? Oui. Le film qu’il a fait sur la pollution et qui avait été diffusé la veille des élections européennes.
  Marianne: Oui.
  Serge: Et ça a été critiqué par beaucoup, donc je suppose qu’il veut que l’on parle de ça ce soir puisque j’ai une conversation avec lui après… et donc qui avait critiqué le fait que la télé ait diffusé ça juste la veille et…
  Marianne: Oui, pour influencer.
  Serge: Et il y a eu parce qu’en fait, il y a eu 9 millions, je crois, de personnes devant leur télé puisqu’ils font des sondages pour savoir, pour de l’audience. Chaque chaine fait des sondages pour avoir l’audience et il y aurait 9 millions de Français qui auraient regardé ça et quand tu vois le score qu’à fait… qu’on fait les verts le jour suivant, qui ont… Je crois qu’ils ont fait aussi bien que les socialistes. Ils sont arrivés deuxième, voir juste un petit peu au-dessus. Donc ça a été contesté et en fait moi, je n’ai pas vu… je n’ai pas regardé le film quand il est passé et j’en ai entendu beaucoup parler par contre.
  Marianne: Oui, ils en ont parlé après. Oui.
  Serge: Et là, le peu que j’ai lu des réactions, c’est qu’en fait les gens étaient… beaucoup de gens ont été déçu du film parce qu’en fait, ils disent que c’est un discours moralisateur, en fait ces gens-là ont même dépensé énormément d’argent, ils ont fait des voyages, ils ont utilisé des avions pour faire ce film et il a dit qu’ils ont pollué autant que les gens qu’ils critiquaient et donc par rapport à toutes ces réactions, je me suis dit «bah, finalement les gens n’ont peut-être pas été aussi influencé que ça pour avoir voté vert. Peut-être qu’ils croient vraiment dans le programme des verts ou qu’ils ont réellement pris conscience que bon, il y a quand même un problème de pollution sur Terre.
  Marianne: Et puis Cohn-Bendit, il sait défendre ses idées quand même donc je pense que…
  Serge: C’est un vieux roublard, lui.
  Marianne: Voilà. Donc je ne pense pas que ce n’est que le fait du film qui a influencé les personnes.
  Serge: Mais bon, c’est quand même un sacré moyen d’influence sur les gens, les médias. Et tu as des gens qui ont su… des politiques entre autres qui ont su bien souvent utilisé ces médias à bon escient
  Marianne: Bien sûr.
  Serge: Ou de nouveaux moyens et pour s’attirer les votes.
  Marianne: La presse, les médias, c’est un bon moyen d’influence, de propagande.
  Serge: Oui parce que les gens en fait…
  Marianne: Ca a toujours été et ça continue.
  Serge: Oui. Ils… moi le premier d’ailleurs, on ne lit pas assez de presse différente. C’est à dire qu’on ne voit peut-être qu’un côté, il faudrait lire tout… de tous les bords là, donc il faudrait énormément de journaux différents, d’influences différentes pour se faire une idée parce qu’en fait on est souvent très mal informé ou on ne nous dit pas tout. Et le dernier exemple en date, puisqu’on parlait d’actualité, c’est la mise en service des fameuses lampes qui vont remplacer nos lampes à incandescence, les lampes à mercure.
  Marianne: Oui.
  Serge: Et là aussi, il y a une grosse controverse mais en fait les gens ont du mal à être informé puisque soit disant bien c’est pour défendre l’écologie. Ca va… on va économiser de l’énergie, etc. mais il se trouve qu’elles sont pleines de mercure à l’intérieur, alors il ne faudra absolument pas les… il faudra les renvoyer, enfin renvoyer… il faudra les redéposer dans des containers spéciaux dans des magasins pour qu’elles soient recyclées à cause de ce mercure. Et il y a un toubib, qui a été interviewé, qui disait «on nous a… nous, on est sensibilisé à ça en tant que médecin. Pendant des années, on nous a enquiquiné et finalement, on a interdit le… on a remplacé le thermomètre à mercure par… bien un autre système à cause du mercure et maintenant ils mettent des ampoules avec du mercure alors que le mercure, on sait très bien que c’est un métal qui est très toxique. Il y a eu beaucoup d’intoxications et de… surtout chez les poissons qui absorbent beaucoup de mercure.
  Marianne: Oui.
  Serge: Alors voilà, tu vois. Là, le pire c’est qu’on n’a même pas eu le choix puisque ça c’est voté au niveau de l’Europe par le… Ca a été adopté mais… Au niveau des médias, ça a été très difficile d’être informé. En fait, ils ont eu tendance, je pense, à montrer que les bons côtés parce que c’est vrai qu’il y a des bons côtés.
  Marianne: Il y a eu des reportages aussi où ils montraient les mauvais côtés.
  Serge: Oui alors est-ce qu’il y en avait autant. Est-ce qu’ils étaient aux mêmes… Voilà mais en fait, c’est à nous, je pense, consommateurs d’aller chercher les informations sur internet.
  Marianne: Oui mais malheureusement si on cherche les informations et puis que ces ampoules là nous sont imposées.
  Serge: Oui, et on en sera que plus déçu pour ceux qui sont contre.
  Marianne: Voilà.
  Serge: et que plus joyeux pour ceux qui étaient pour. Mais en tout cas, au niveau de l’information, avec internet, je pense qu’il y a quand même un très bon moyen de se faire son opinion à partir de suffisamment de témoignages, d’études qui se contredisent et puis après de se faire sa propre opinion. Mais après oui, effectivement, dans tous les cas enfin dans ce cas précis là, ça nous a été imposé par l’Europe donc même si on avait été à 98% contre, puisque les députés avaient décidé de l’adopter, voilà.
  Marianne: Souvent, ils ne regardent pas… ils ne suivent pas l’avis du peuple, si on peut dire. C’est eux, ils décident et puis ça s’arrête là. Mais c’est vrai qu’il est bien dans les informations de ne pas tout accepter et d’écouter et de lire plusieurs… différent bords d’informations. Par exemple si tu prends deux journaux, il y a le Parisien qui est à gauche, tu as le Figaro, qui est à droite. Si tu lis les deux, et bien il y a certaines informations qui sont dites dans l’un des journaux et pas dans l’autre et ce qui est étrange, c’est que des fois il y a des faits qui peuvent critiquer la gauche et qu’on en parle dans le Parisien mais on ne va pas en parler dans le Figaro et puis inversement donc euh… quand ça concerne la droite, c’est la même chose. Donc, il est bien quand même de… pour se faire une idée, il faut avoir une vue d’ensemble.
  Serge: Oui, je reconnais que, moi-même, je ne m’y intéresse pas spécialement… ce qui faut dire mais oui, je ne lis pas énormément la presse et dans tous les cas, même si je devais la lire, je lis quasiment toujours les mêmes journaux. Sinon, je lis des journaux différents, tu sais, à l’occasion d’une visite chez le dentiste ou des trucs comme ça donc je… en fait, je n’ai même pas le temps de vraiment lire de façon approfondie. Je survole un peu les différents articles. Tu ne peux même pas te faire une opinion. Il faut vraiment être assidu et moi, je n’ai pas de temps. J’estime que c’est… pour moi, c’est perdre du temps. Je préfère écouter mes podcasts et puis ce genre de trucs. J’ai l’impression de moins perdre mon temps mais bon, c’est pareil, ça n’engage que moi.
  Marianne: Bien moi, les journaux, je ne les lis pas trop non plus. C’est… surtout, ce que j’écoute c’est les informations à la télé. Mais il y a aussi une chose, c’est qu’il y a des documentaires que l’on peut voir, qui sont très intéressants, sur les chaînes câblées. Tous le monde n’a pas les mêmes chaînes et il y a certains documentaires qui seraient très bien d’être mis sur les chaînes bien, les plus regardées comme la 1, la 2, à la rigueur la 3. Mais au moins la 1, la 2, ce serait bien mais jamais ils ne passent ces documentaires.
  Serge: Non. Bien non, parce que comme ils veulent faire de l’audience, ils préfèrent passer Secret Story et compagnies, ce genre d’émissions débiles. Alors, là aussi, ça n’engage que moi mais je trouve que c’est particulièrement débile de voir des jeunes débiles qui se racontent des trucs débiles… alors ça, c’est…
  Marianne: C’est vrai.
  Serge: Comme c’est les plus regardées, ils cherchent à faire de l’audience et malheureusement, bien ce genre d’émissions, ça attire du monde.
  Marianne: Oui mais quand même. Ils font… ils passent des documentaires ou même dans les infos, ils te parlent de certains sujets mais dans les documentaires que tu vois sur les chaînes câblées, c’est plus approfondi.
  Serge: Oui mais…
  Marianne: Ils devraient les mettre sur les chaînes que les gens regardent pour mieux les informer parce que quand les gens, ils regardent la première, la deux, et encore pas tout le monde ne regarde les informations mais c’est vraiment très vague. Les gens parlent, ils n’ont pas vraiment une idée sur un sujet et en plus, c’est souvent orienté. Les médias, de toute façon, c’est fait pour orienter la pensée des gens. Mais il faut écouter différents types de documentaires. Ceux qui te parlent d’un sujet mais en pour, d’autres sur le contre. Il faut ça pour se faire une opinion.
  Serge: Mais ce n’est pas… je ne pense pas que c’est avec les infos, justement, télévisées que tu as en direct que tu vas beaucoup apprendre. C’est plus avec ce que tu vas voir après sur des événements qui seront un peu plus anciens et justement, dans des… sur des chaînes câblées, comme tu dis. Parce que si tu prends l’exemple du crash de l’avion A 44.., oui le vol AF 447, tu sais qui s’est crashé au large du Brésil.
  Marianne: Oui.
  Serge: Attends mais ils ont réussi à faire à chaque fois trois quart d’heure de… sur rien parce qu’ils n’avaient aucune information.
  Marianne: Oui.
  Serge: Tout de suite après les événements. Mais le pire, c’est qu’ils arrivaient à te tenir trois quart d’heure sur la chaîne pour te dire rien.
  Marianne: Voilà.
  Serge: Et c’est là même que je trouve que c’est de la désinformation. Alors tu avais un journaliste, enfin un, tu avais quelques moult journalistes qui étaient là-bas sur place. Et le présentateur, qui les avait en direct, leur posait des questions sur un truc bien précis. Alors combien il y a de victimes? C’est tout juste s’il leur demandait pas si on savait déjà le nom, le prénom, l’adresse, etc. des victimes. Et, enfin, il demandait plein de trucs et le gars à l’autre bout il dit «eh bien, écoutez, pour l’instant nous ne savons rien.» Les avions n’étaient même pas encore sur place, il n’y avait personne, enfin. Et ça, ça le don de m’énerver. Arriver à faire des journaux télévisés pour rien apprendre. Tu n’apprends rien parce ce qu’ils ont absolument rien à te dire, parce qu’ils n’ont pas d’informations mais ils veulent faire de l’audience alors ils essaient de montrer du… tu sais, un truc qui sort de l’ordinaire. Alors le seul truc qu’ils expliquaient… si, ce que tu arrivais à voir comme témoignage, c’était témoignage du genre la personne qui avait au dernier moment, qui avait finalement pas réussi à avoir sa journée de congé et donc elle n’avait pas pris cet avion… alors en plus, il y a 99 chances sur cent que ce soit faux. C’était juste pour faire un peu de truc dramatique de l’affaire, tu sais, faire un peu de voyeurisme. Je ne sais pas comment on peut appeler ça. Ou la personne qui… oui, sa mère ne voulait pas qu’il parte de Rio. Elle préférait qu’il parte de la ville d’où il était donc elle l’en avait empêché. Et le gars, il dit «finalement, je dois… je remercie ma mère et Dieu» et compagnie, attend mais… et ils n’avaient que ça à nous montrer parce que sinon ils ne savaient absolument rien. Alors ça, ça m’énerve. C’est pour ça que je préfère, comme tu dis, regarder un documentaire sur des événements qui sont plus anciens mais, au moins, qui ont été un peu plus fouillés ou où il y a un peu plus d’info dessus, où on sait beaucoup plus de choses et après, à froid, les commentaires sont déjà plus… je pense plus fiables et puis plus intéressants.
  Marianne: Je crois quand même que même les documentaires, il faut s’en méfier. Il faut faire attention parce qu’il y a de l’information et puis des informations orientées. Il y a des…
  Serge: Oui mais, comme tu dis, les médias, ils s’en servent beaucoup sur les informations par exemple pour influencer les gens pour… alors, faire passer des messages ou pour en cacher d’autres. Imagine quand le pétrole flambait, bon bien ils essayaient d’embarquer sur d’autres sujets pour ne pas penser à ça pour… ou la crise… pour faire oublier la crise aux gens, bien on leur montrait des images de vacances ou n’importe quoi et donc c’est… je pense que les chaînes câblées qui sont moins regardées puisque tous le monde n’a pas accès au câble eux, ils n’ont pas forcément d’intérêt à montrer du… ce genre de trucs ou essayer d’influencer les gens. Je pense que eux, ils ont peut-être plus envie d’informer bien les gens pour après éventuellement, oui avoir de l’audience. Mais, comme tu dis, les chaînes câblées… moi, j’étais câblé avant où j’habitais. Maintenant, comme c’est dans une maison individuelle et que la ville nous, elle n’est pas câblée donc on a… j‘ai juste, comment dire, la TNT, tu sais les chaînes, on va dire classique.
  Marianne: Oui.
  Serge: Mais je me souviens, oui quand j’étais câblé, il y avait une chaîne que j’aimais beaucoup, c’était Planète.
  Marianne: Ah oui.
  Serge: Entre autres. Il y avait… ou il y avait une chaîne où c’était que de l’histoire ou…
  Marianne: C’est ce que je regarde. Oui.
  Serge: Donc, c’était…
  Marianne: Oui, c’est vraiment très intéressant.
  Serge: Oui par contre ce n’était pas vraiment des sujets vraiment d’actualité puisqu’ils parlaient de choses…
  Marianne: Non mais…
  Serge: Mais c’était vachement intéressant quand même. Oui, beaucoup plus intéressant.
  Marianne: Planète, tu as Planète Thalassa, tu as Histoire. Ca, c’est vraiment… c’est formidable. Bon, c’est sûr que tu ne t’informes pas sur l’actualité mais…
  Serge: Oui, mais si tu veux des informations sur Michael Jackson, je ne pense pas que c’est en regardant Planète qu’ils les aient tout de suite mais si tu regardes dans deux ans, je pense qu’ils auront de très bons reportages sur Michael Jackson sur Planète là, mais là pour avoir sur des événements vraiment tout récent, je ne pense pas qu’ils…
  Marianne: Non. Ca ne passe pas. Même actuel, par exemple sur l’avion, comme tu parlais, qui s’est crashé. Moi je trouve que ce n’était pas vraiment clair. Bon, au départ, il y avait… c’était sensé faire de l’information mais c’était parlé pour ne rien dire, comme tu as dit, mais ensuite ils nous disaient que l’avion pouvaient s’être crashé pour telle chose ensuite c’était autre chose et puis…
  Serge: Oui, bien oui parce qu’ils faisaient que des suppositions.
  Marianne: Ce n’est vraiment pas clair. C’est comme avec le… avec AZF, il y a plusieurs années… D’ailleurs, on n’en parle même pas. Je ne sais même pas si le procès, il est terminé parce que ça devait durer trois, quatre mois. Donc, je ne sais plus si est en cours ou il ne devrait pas tarder à se terminer. Mais l’affaire d’AZF n’est pas claire et, dès le début, quand on entendait le procureur, je ne sais plus si c’est le lendemain, qui disait «oui, ça y est. C’est un accident.» Alors que l’enquête n’avait même pas débutée. Et on ne sait pas exactement ce qui s’est passé et on veut cacher. On n’explique pas.
  Serge: Oui, c’est ce qui s’est passé avec le crash du… de Air France, de l’avion. Parce ce que, comme tu dis, ils avaient émis des hypothèses de l’avion… enfin, des conditions météos, l’avion qui avait reçu la foudre et, juste après, ils avaient montré un témoignage d’un pilote qui disait «mais attendez, la foudre, on la prend… pas tous les jours mais les avions, ils sont étudiés pour. Ils peuvent recevoir la foudre, ils sont… ils forment une espèce de cage de Faraday, la conception de l’avion, et en fait, il démontait la… les suppositions du journaliste juste avant. Et… alors qu’on sait très bien que pour les enquêtes de crash d’avion, c’est très long et il faut absolument déjà retrouver les boites noires. C’est le meilleur moyen d’avoir les meilleures infos. Or, il se trouve que là, les boites noires, ils ne les avaient pas retrouvées. Ils les ont repérées mais pas repêchées, je crois. Et donc… mais seulement pour faire de l’audience, il fallait bien faire des suppositions, parler de… après, ils ont parlé de… des sondes, là, de vitesses. Bon, il se trouve que ça apparemment, ce serait vraiment…
  Marianne: Oh, il y a eu plusieurs hypothèses.
  Serge: Voilà. Celle-là bon, apparemment, elle a été avancé par beaucoup de gens donc elle est peut-être plus plausible mais c’est toujours pareil…
  Marianne: Mais on ne sait pas.
  Serge: On n’a pas vraiment de preuves. Donc, ça n’a été que des suppositions et puis bien, pendant trois quart d’heures, une heure, ils ont réussi à nous parler de ça et enfin voilà quoi, bon…

Marianne et Serge — Médias, Partie 2

Диалог 76

  Serge: Donc, il y a peut-être finalement plus de désinformations que d’informations à la télé. Et c’est tellement facile.
  Marianne: Ca dépend.
  Serge: Tu appuies sur le bouton, l’information toc, elle te vient devant les yeux. Tu n’as pas d’efforts à faire. Dans un journal déjà, c’est différent. Il faut que tu ailles acheter le journal, il faut que tu choisisses. Si tu veux vraiment t’informer, tu vas en prendre plusieurs. Et donc, il faut prendre le temps de les lire, d’analyser, de comprendre, de… et pour avoir vraiment de l’information. Et là, je pense que tu as… à la fin, tu as une information quand même complète et puis tu peux te faire ton opinion. La télé, tu allumes, tu changes de chaîne. Tu auras, bon, un autre message mais c’est pareil, tu n’auras pas d’efforts à faire pour t’imprégner de ce message parce qu’ils vont te matraquer avec les mêmes mots. Le journaliste, il va enfoncer le clou à chaque fois dans son idée et puis… donc, ça a du bon, la télé c’est vrai parce que ça donne accès à quand même beaucoup de choses mais de l’autre côté, c’est trop puissant. C’est un moyen trop puissant de désinformer ou de mal informer, enfin ou de ne pas informer plutôt.
  Marianne: Bien le problème, c’est que des fois ils veulent donner des informations sur quelque chose qu’ils n’ont pas donc ils parlent pour ne rien dire. Et, suivant ce qu’il se passe, si ça ne leur convient pas, et bien ils veulent désinformer. Et oh, il y a plusieurs années je ne sais plus, le temps passe tellement, dans plusieurs régions en France, il y a eu un problème avec des émeutes. Et puis bon, à la télévision, ça c’est sûr qu’on en parlait parce que c’était quand même assez important. Mais j’allais regarder sur CNN pour voir des images de ce qui se passait en France. Sur les chaînes françaises, on ne les voyait pas.
  Serge: Ah oui. C’est étonnant parce que bon, ils sont assez avares d’informations étrangères sur CNN.
  Marianne: Surtout qu’ils parlent vraiment… on peut dire qu’ils parlent vraiment rarement de la France. Mais à ce moment-là, c’était quand même un fait important donc ils ont dû se dire il faut en parler et puis je voyais des images sur CNN que je ne voyais pas sur les chaînes comme la première, la deux. Bon, j’en voyais certaines mais pas tout. Ce n’était pas assez complet.
  Serge: Oui. Bah là, en plus… il y avait, je pense que c’était très politisé donc ce n’est pas le genre d’images que le gouvernement aime que les gens voient parce que ça ne donne pas une image de leur action au gouvernement.
  Marianne: Oui mais il faut montrer aux gens ce qu’il se passe. On peut tout… on ne peut pas toujours comprendre ou expliquer. Bon, comme je te disais, sur CNN, je voyais des images parce qu’ils avaient des journalistes ici donc qui montraient ce qu’il se passait mais quand je les écoutais bon, je n’étais pas vraiment d’accord parce qu’ils interrogeaient des gens ici, plusieurs types de personnes, mais ils ne vivent pas ici donc ils n’ont pas vraiment une opinion comme bah, un Français qui vit cette situation. Et, eux, ils relataient les infos vues de l’extérieur. Mais en tant que Français, en vivant ici, non ça ne va pas.
  Serge: Bah, je ne sais pas. On peut penser que, au moins, justement eux n’ont pas de parti pris, qu’ils sont plus neutres. On peut appeler ça comme ça.
  Marianne: Ca, c’est une chose qui est bien. Ca, je ne critique pas là-dessus parce qu’en les écoutants, il est vrai que c’est neutre. Ils interrogent les personnes, ils disent ce qu’il se passe, c’est neutre. Mais, ça ne reflète pas, oui, ce qui se passait réellement à ce moment-là. C’est neutre mais ça ne reflétait pas ce qui se passait. Et ici, les infos, ce n’était pas neutre parce que c’était dirigé, on ne montrait pas tout donc les médias, c’est assez… il faut en perdre et en laisser. Il faut regarder un peu de tout.
  Serge: Oui mais enfin bon, la censure peut être aussi nécessaire. J’ai…je me souviens quand je… j’avais passé un concours durant ma carrière, puisque régulièrement on a des examens à passer, des trucs comme ça, et la… l’officier qui m’avait interrogé… c’était sur les médias, enfin il y avait deux sujets. C’était les médias et l’autre chose, c’était la guerre du golf quand… la première guerre du golf. Et ça tombait bien puisque les sujets étaient très liés puisqu’au moment de la guerre du golf il y avait bon bah, les médias du monde entier étaient sur place bien sûr, un événement pareil. Mais en fait, il y avait eu une telle censure mais qui était quand même à mon avis justifiée parce qu’on ne pouvait pas se permettre de montrer les choses à la télé que bien les Irakiens, c’était l’ennemi à ce moment-là, que eux pouvaient voir aussi et voilà.
  Marianne: Ah oui mais ça, c’est autre chose.
  Serge: Voilà. Et… mais là encore, je me souviens des journaux télévisés là, ils étaient en live. Ca durait deux, trois, quatre heures de suite. C’était un événement mondial puisqu’il y avait eu je ne sais plus dans la coalition, je ne sais plus combien de pays il y avait donc c’est vrai, il y avait énormément de gens intéressés par cette affaire et bien, là encore, avec absolument aucune information puisque c’était le black-out, c’était les directives des militaires. Ca se comprend. Mais comment peux-tu comprendre qu’ils arrivaient à faire quatre heures? Alors finalement, tu voyais en fond d’écran, et ça je m’en souviens c’était…puisque je le suivais de près parce qu’on se sentait très concerné nous, les militaires. C’était les mêmes images de la première… des premiers bombardements de Bagdad, de nuit et on voyait des tirs… le peu de réponse de la DCA des Irakiens, de Bagdad. Et c’était la même… le même petit bout de film qui durait, je ne sais pas, deux, trois minutes. Bien, ils le passaient en boucle parce qu’ils n’avaient rien d’autre à montrer et ils tenaient quand même trois heures à parler. Pour ça, ils étaient forts quand même, les journalistes. Ils arrivaient à parler pendant trois heures et au bout de trois heures bah, tu avais toujours vu la même image de bombardements de nuit. C’était très joli en plus, malheureusement. Et… mais il n’y avait aucune info. Ce qui est normal puisque bon, les militaires…
  Marianne: Oui, c’est normal.
  Serge: Il fallait qu’ils fassent leur boulot donc qu’il fallait qu’ils… si on commence à…
  Marianne: Si l’ennemi…
  Serge: S’il faut mettre un journaliste derrière chaque soldat, c’est bon l’ennemi, il allume sa télé et puis il sait ce qu’il faut faire.
  Marianne: Voilà.
  Serge: Voilà mais ils arrivaient quand même trois heures alors moi je pense, de manière générale, enfin les médias peuvent influencer très facilement les gens et le pire, c’est qu’ils arrivent à les influencer avec rien du tout à raconter. C’est… voilà.
  Marianne: Bien d’un autre côté, certains ont un travail assez difficile parce que quand…
  Serge: Ah oui parce que bah le journaliste, il devait avoir du boulot pas facile parce qu’à chaque fois qu’il voulait se présenter, essayer de filmer une… ou interviewer un militaire, un officier général, il devait se faire renvoyer dans son camp «Vous n’avez rien à faire ici. Dégagez.» Alors, c’est sûr, ils n’ont pas eu la vie facile mais bon, c’était quand même des circonstances exceptionnelles.
  Marianne: Ah oui. Dans un conflit, il est tout à fait normal que les journalistes ne soient pas informés de ce qu’il se passe. Mais là, c’est totalement autre chose.
  Serge: Donc, la censure s’expliquait dans ce cas-là. Elle s’expliquait moins dans… quand, par exemple, la censure qu’il y avait eu dans les jeux olympiques de Pékin ou pour certains événements en Chine ou dans certains pays, là ça s’explique beaucoup moins parce que… Là, elle n’a pas lieu d’être, la censure.
  Marianne: Bien regarde, si tu reviens sur l’Iran, les journalistes ont été renvoyés du pays. Donc, comment peuvent-ils informer si, en étant là-bas, ils ne peuvent pas avoir accès à tout et, en plus, au bout d’un certain temps, ils sont renvoyés du pays. Donc là, c’est… ils ne peuvent pas informer de ce qu’il se passe.
  Serge: Et encore, renvoyer, c’est un moindre mal parce que, souvent, ils sont même assassinés ou mis en prison. Enfin, au mieux en prison et au pire assassiné. C’est vrai que ne c’est pas… Oui mais ça, on ne va pas toujours leur jeter la pierre. Oui, c’est vrai qu’ils n’ont pas un métier facile. Surtout…
  Marianne: Non, quand même.
  Serge: Surtout ces journalistes là. Bon, un journaliste sportif lui, c’est quand même moins risqué. Lui, c’est un peu plus cool. Il voyage dans le monde entier pour aller couvrir des événements sportifs où il n’y a pas eu grands risques. Et ces journalistes là, sur le terrain, qui filment les guerres entre autres et puis les… il y a beaucoup d’événements comme ça, un petit peu chaud. Non, c’est bien. Ils font un bon boulot, hein. Après, leurs informations, elles sont exploités par d’autres personnes ailleurs et puis elles sont… elles peuvent être déformées. Mais lui, au départ, je suis convaincu qu’il fait son travail au mieux.
  Marianne: De toute façon, comme dans tout, on ne peut pas généraliser. Il y a des journalistes qui sont assez orientés, qui ne sont pas neutres mais il y en a d’autres bah, qui essayent de faire bien leur métier mais il y a toute une machinerie derrière et souvent c’est politique et il y a même des journalistes qui sont virés parce que…
  Serge: Ils n’ont pas…
  Marianne: Ils ne sont pas politiquement corrects, comme on dit. Donc, ce n’est quand même pas un métier facile donc on ne peut pas généraliser. La seule chose qu’on peut dire, c’est que lorsqu’on écoute de l’information bah il faut écouter différents bords, même si ce n’est pas le sien, il faut écouter tous les bords et puis essayer de se faire une opinion et ne pas tout prendre comme si c’était vrai.
  Serge: Oui et comme ça prend beaucoup de temps et que tous les deux, nous n’en avons pas beaucoup à consacrer à ça. Et bien, c’est très dur pour nous de se faire une idée.
  Marianne: C’est vrai, c’est assez… Oui et voilà, sur la presse, l’information…
  Serge: Oui mais bon, un sujet en amenant un autre, ça permet de couvrir pas mal de sujets différents et c’était sympa.
  Marianne: Oui.
  Serge: Donc là, tout à l’heure, là bientôt, je vais parler avec Michael alors je ne sais pas s’il veut parler de ça ou il va peut-être me parler aussi parce qu’il m’a envoyé un essai pour corriger et c’était sur la légion d’honneur parce qu’il a un ami qui va… un très bon ami qui va recevoir la légion d’honneur, un Américain alors il m’a posé des questions et il l’a fait au travers d’un essai donc que je vais corriger et on va peut-être parler de ça aussi donc euh… donc, ça nous donnera à nous aussi un sujet de conversation pour un autre jeudi, éventuellement. Parce que c’est un truc typiquement français ça, la légion d’honneur donc ça peut intéresser des gens, je ne sais pas. Donc j’ai… il a fallu que je me documente parce que, figure toi, que je ne savais pas grand chose en fait. Pas grand chose… si, je savais quand même des choses mais pas… il y a beaucoup de choses sur la légion d’honneur, il y a beaucoup de… il y a de quoi dire. J’ai fait quelques recherches, c’est…
  Marianne: Il faudra que je m’informe.
  Serge: Oui.
  Marianne: Mais ça a été un… mais je sais que ça a été un peu déformé maintenant la légion d’honneur parce que quand tu prends que même des chanteurs reçoivent la légion d’honneur.
  Serge: Mais là, tu es en train de dévoiler notre future conversation. Tu as dit déjà un très gros point justement qui est…
  Marianne: D’accord. Alors rendez-vous la semaine prochaine pour notre prochain podcast sur la légion d’honneur.
  Serge: Voilà. Alors, entre temps, on va se documenter et puis on va essayer de faire un truc bien, voilà.
  Marianne: Oui.
  Serge: Que les gens sachent. Nous d’abord, ça nous permettra de l’apprendre et puis d’apprendre aux gens, voilà ce que c’est cette fameuse légion d’honneur qui est quand même un truc très important en France.
  Marianne: Voilà. Oui, c’est vrai aussi.
  Serge: Et on n’en dira pas plus.
  Marianne: Oui. La seule chose, c’est que toi et moi enfin, je pense que… si je ne fais pas d’erreurs, toi et moi, nous n’avons pas la légion d’honneur.
  Serge: Oui. Tu avais peu de chance de te tromper, quand même parce que ça aussi on pourra en parler et oui.
  Marianne: Ok. On verra la semaine prochaine.
  Serge: D’accord, bon bien sur ce, bonne soirée.
  Marianne: Bonne soirée, Serge.
  Serge: Et puis à… donc, à jeudi prochain pour un… ce sujet.
  Marianne: Ok.
  Serge: Allez, bonne soirée, bye bye.
  Marianne: Bye bye.

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