«Français LingQ Intermédiaire» 13

Marianne un tuteur à LingQ

Диалог 13

  Steve: Bonjour Marianne!
  Marianne: Bonjour Steve!
  Steve: Comment ça va?
  Marianne: Ça va très bien.
  Steve: Bon.
  Marianne: Et toi?
  Steve: Ça va très bien! Merci beaucoup. Et c’est bien le soir à… là… à Melun, en France.
  Marianne: Oui
  Steve: Oui.
  Marianne: Oui. Huit heures et demi du soir, oui.
  Steve: Bon. Et ici c’est midi. Enfin, presque. Onze heures trente. Voilà! Et je veux te poser des questions sur… bon… les discussions que nous avons sur LingQ. Parce que tu as été pendant très longtemps, tu l’es d’ailleurs toujours, une étudiante, donc membre de LingQ qui étudie l’Anglais. Mais, en même temps, tu es… une tuteure – on dit pas tuteuse…
  Marianne: Tutrice.
  Steve: Tutrice! Bon! Tutrice de Français. Donc, la première question…
  Marianne: On peut dire tuteur.
  Steve: Tuteur, bon.
  Marianne: On peut, oui.
  Steve: Quelles sont les qualités que tu apprécies dans une tuteur en Anglais? Quels sont les tut…
  Marianne: …dans un…
  Steve: …sans nommer les noms mais le genre de tuteur, le genre de personne donc, avec laquelle tu aimes discuter en Anglais?
  Marianne: J’apprécie les personnes qui… les tuteurs qui produisent des discussions sur des sujets d’actualité, des sujets qui peuvent être, qui sont assez…
  Steve: Des sujets qui, qui t’intéressent, bien sûr…
  Marianne: Qui… Qui… Oui, intéressants mais ça, chaque personne aussi a des in… a des intérêts différents mais faut que ce soit vivant. Qui…
  Steve: Voilà!
  Marianne: Qui…
  Steve: Donc, il faut que le… il faut que la ou le tuteur soit une animatrice de la discussion.
  Marianne: Oui!
  Steve: Parce que, bien sûr, il y a des gens, il y a des gens qui aiment beaucoup parler, il y a des… des facteurs aussi culturels. Il se peut que, voilà, souvent les personnes du Japon parlent moins, enfin, elles sont un peu plus réticentes que les… les gens de l’Amérique Latine, par exemple.
  Marianne: Mais faut… il faut faire participer tout le monde et…
  Steve: Oui…
  Marianne: … suivant la… le type de discussion, enfin je pense, dans tous les types de discussions et… Une discussion doit être vivante et elle, il…
  Steve: Donc, il faut que la tuteur trouve des questions pour un peu relancer la discussion. Des fois si…
  Marianne: Si c’est un …
  Steve: Oui.
  Marianne: Par exemple si le sujet est un problème ou un, enfin, un sujet d’actualité. LingQ a des membres partout dans, dans le monde. Donc il peut faire participer chacun et que chacun donne son opinion… et, dans le… suivant son propre pays, suivant sa propre vie, ses… et comme ça, on apprend une langue mais aussi on apprend sur d’autres pays sur…
  Steve: Oui.
  Marianne: Sur… énormément de…
  Steve: C’est certain que…
  Marianne: …de cultures, les gens…
  Steve: …c’est un des grands avantages et plusieurs de nos membres nous l’ont dit que… ils vont se retrouver avec des étudiants du Japon, de l’Italie, de je ne sais pas où là, puis ils vont donc avoir des…des opinions qui partent souvent de, de valeurs ou de cultures différentes.
  Marianne: Oui, mais au moins on apprend aussi pas seulement la langue, mais aussi d’autres cultures, d’autres façons de, de voir les choses.
  Steve: Est-ce que tu aimes quand la tuteur ou le tuteur te corrige?
  Marianne: Moi, j’aime bien, oui.
  Steve: Oui. Parce que nous, on a…
  Marianne: Parce que…
  Steve: Oui? Non, vas-y…
  Marianne: Quand… Il est très bien de discuter mais j’aime bien savoir les erreurs que je fais pour ne pas… essayer de ne pas les refaire plus tard.
  Steve: Oui. Notre politique là, c’est que on ne, donc on tape des mots, dans le, le « chat » là… sans interrompre la personne qui est en train de parler. Parce que nous avons remarqué que souvent, les… les étudiants ils disent : « Oui. Corrigez-moi. » Et, mais, finalement, on les corrige et ils font à peu près la même erreur tout de suite. Donc, la correction, si c’est uniquement une correction, donc, orale, ça peut un peu gêner la personne, …
  Marianne: Orale ce…
  Steve: sans p… Oui…
  Marianne: Cela dépend. La correction… il y a la correction orale et aussi dans le, la boîte…
  Steve: Oui…
  Marianne: Donc par écrit. Par oral, il est pas toujours évident de le faire dans une discussion.
  Steve: Oui.
  Marianne: Ça dépend. Si c’est une discussion, un tuteur-un apprenant, bon, bien, d’accord. Mais quand c’est un groupe de discussion avec plusieurs membres ça… c’est peut-être pas toujours… c’est pas systématique, on ne peut pas toujours le faire.
  Steve: Oui, exactement. Quand c’est une personne, donc, un à un, c’est plus facile de faire la correction.
  Marianne: Oui. Oui. Mais dans une discussion en groupe, c’est plus difficile. Et… certaines personnes ne peuvent… peuvent ne pas vouloir, bon. Et ça peut couper aussi l’élan. Il est difficile de parler dans une autre langue; on cherche… oh, bon. Il y aussi le… il faut parler sur le sujet… Et avoir la correction tout de suite, que ce soit par écrit ou même par oral, ça peut couper l’élan de la discussion.
  Steve: Oui.
  Marianne: Il peut y av…
  Steve: Et, et qu…
  Marianne: On peut avoir une di… une correction à la fin…
  Steve: Oui…
  Marianne: …de la discussion.
  Steve: Et que… quelle a été tes sentiments quand tu as commencé, après avoir été membre de LingQ, donc avoir participé dans des discussions comme apprenant d’Anglais, quand tu as commencé à faire des discussions où, toi, tu étais, donc, la tutrice, la tuteur pour Français? Est-ce que c’était difficile?
  Marianne: Non, parce que la, le… bien, le Français est ma langue maternelle, donc c’est… Le fait d’être un… d’être membre, déjà, de LingQ, d’apprendre une langue, donc l’Anglais, perm… me permet d’avoir… d’être une autre… une approche pour enseigner, pour discuter en Français avec d’autres, avec des apprenants de Français, j’ai une approche différente que si je n’avais…
  Steve: Oui, oui. Non, si t’avais pas été, donc, déjà membre…
  Marianne: Si je n’apprenais… J’apprends une langue étrangère. Si je n’apprenais pas cette langue, une langue étrangère je… je n’aurais pas la même approche que j’ai maintenant. Là, je… il est facile, enfin… Je comprends les personnes qui apprennent le Français, le… les situations dans lesquelles elles peuvent être… Le… par exemple, pour les discussions sans sujet.
  Steve: Oui…
  Marianne: Quand j’ai débuté avec LingQ des discussions ouvertes était très difficile, parce que je n’étais pas assez à l’aise dans cette langue et avoir plusieurs membres dans la même… d’autres membres dans la discussion qui peuvent être de niveau plus avancé, c’était difficile pour moi. Donc, là, je… en tant que tuteur Français je… je peux comprendre la situation à l’inverse, des membres qui apprennent le Français, qui peuvent avoir des difficultés dans des discussions.
  Steve: Oui, enfin…
  Marianne: Mais…
  Steve: … c’est facile quand, quand on a un sujet que… que la personne connaît ce sujet, la personne aura davantage de confiance en discutant de ce sujet, c’est certain.
  Marianne: Oui.
  Steve: Oui… Mais, l’important, de toute façon, pour nous, parce qu’à LingQ on met beaucoup l’accent sur l’écoute, sur la lecture, de l’étude des mots et des expressions, donc, il y a beaucoup de ce qu’on appelle, en Anglais, « input ». Donc, finalement, les discussions c’est, c’est la possibilité, donc, pour la personne qui a appris beaucoup de mots, qui… qui a beaucoup écouté, de finalement pouvoir s’exprimer. Donc, l’important pour nous, dans les discussions, c’est de permettre à chaque personne de s’exprimer et… Donc, finalement, il faut que, bon, j’essaye toujours en tant que tuteur de ne pas trop parler parce que j’aime bien parler et j’ai des fois tendance à trop parler et je crois que c’est très important pour le, pour la tuteure de… d’encourager et de permettre à tout le monde de s’exprimer.
  Marianne: Oui, c’est vrai.
  Steve: Et, là, souvent… donc, on discute souvent sur… à quel point on doit corriger. Donc, on fait les correc… les corrections par écrit. Pour ne pas trop, justement, interrompre… interrompre la conversation. Donc, les discussions, c’est… et c’est un peu notre méthode, on… on n’est pas tellement comme les méthodes traditionnelles où on… on cherche la perfection dans la production de la langue. C’est plutôt… on estime qu’avec assez de… de… d’interaction avec la langue, en tant que, bon… en lisant la langue, en écoutant la langue, en utilisant les mots et les expressions, puis que, finalement, on va s’accoutumer. Et… et donc, quand on… on indique des mots… enfin, ou des structures qui n’étaient pas exactement corrects, c’est pas dans… dans l’espoir que la personne va tout de suite être corrigée pour la vie. On sait très bien que… il est… dans la plupart des cas, les… les mêmes erreurs vont… vont être enfin, vont réapparaître tout de suite. Mais ça fait partie du processus. Donc, en rappelant encore une fois et encore une fois à cette personne que « Non, on ne dit pas ce ça… cela, on dit ceci… », ça fait partie de… de ce long processus de… d’acoutu… enfin, d’accligna… « d’acclimatisation », si on peut dire…
  Marianne: …acclimatation, oui…
  Steve: …à la langue. Voilà, c’est un peu notre philosophie, oui.
  Marianne: Mais c’est en pratiquant. Au début, que j’ai commencé, c’était assez stressant de parler en Anglais.
  Steve: Oui…
  Marianne: Mais à la longue, ça… j’ai appris à… il ne faut pas hésiter parce que plus j’ai participé à des discussions, plus j’ai aimé cette langue et aimé parler dans cette langue.
  Steve: Alors, là, tu as dit quelque chose de très important. Parce que quand nos apprenants… quand ils sont capables d’aimer la langue qu’ils sont en train d’étudier, que ce soit l’Anglais, le Français, le Chinois, le Japonais, … n’importe quoi, et qu’ils aiment participer, ils aiment utiliser la langue, que… que cette activité d’apprendre une langue en soi devient amusant, enfin, pas amusant mais qu’on a… qu’on prend du plaisir parce que c’est un défi, et on a… c’est difficile, on fait des fautes, mais on… on est… et on n’est pas trop loin, là, de pouvoir faire ce qu’on veut faire. Donc on… on répond au défi. Et on a du plaisir. Et…et, une fois qu’on… qu’on commence à… à percevoir la tâche d’apprendre une langue comme un défi mais qu’on est plus ou moins à la mesure de ce défi et que c’est… c’est plaisant, bien, c’est… c’est le but, en fait. Quand une fois qu’on est arrivé à ce… à… à cet état, cette étape là, bien on… on a gagné! Et, après ça, on continue à se plaire, on qui… on continue à se… à s’amuser. Et la langue et… et ses connaissances et ce… sa maîtrise de la langue continuent automatiquement à s’améliorer. Mais c’est quand on est sous pression et on a peur de… de commettre une erreur, etcetera, bien, à ce moment là, on n’a pas de plaisir, donc… C’est ça qui est le plus important.
  Marianne: Non, ce n’est pas une bonne approche parce que je me… je me rappelle à mes débuts et ensuite comment ça s’est déroulé. Oui, le fait d’être stressé avant chaque discussion, ce n’est pas vraiment… ce n’est pas une bonne approche. Et… oui j’ai bien aimé… parler cette langue et ce qui est bien avec ton système, avec votre système, c’est que ce n’est pas forcé, on… on apprend la langue mais en… on communique avec d’autres personnes sur des sujets que l’on aime et c’est vraiment le plaisir de communiquer. Et plus on… on veut communiquer… bien, plus on veut apprendre. C’est un… c’est une… un cercle et on…
  Steve: Exactement! Ça c’est une autre chose… je… une autre chose qui est importante, c’est que c’est en discutant… en parlant qu’on… qu’on voit ses… ses lacunes. Alors là on est motivé de… aller chercher ses mots et ses expressions, donc, de… de continuer à étudier donc, d’écouter, de lire parce que c’est dans… c’est l’écoute et la lecture et l’étude des mots et des expressions qui nous donnent la force, la capacité d’ensuite pouvoir mieux s’exprimer. Donc, en discutant, bien sûr il y a… il y a la pratique donc, d’aller dans… dans sa tête chercher les mots qu’on a mis quelque part, qu’on n’arrive pas à trouver. Donc, il y a ça mais, aussi, on… on constate ses… ses lacunes et on se dit bien, « Il faut que… que je fasse d’avantage d’efforts là pour écouter… écouter d’avantage pour chercher dans… dans ma liste des vocabulaire pour mieux apprendre les mots, etcetera. Donc, c’est une… c’est une occasion pour l’étudiant de… de constater un peu quel est le niveau de… de sa langue et d’aller chercher à s’améliorer d’avantage.
  Marianne: Et le fait d’être une communauté est important. Parce que … se faire des connaissances, parfois des amis, par le biais de votre… du système, nous invite à rechercher encore d’autres… d’apprendre plus. Parce que, bien, « Je veux parler de tel sujet… je veux parler de tel sujet avec untel et untel… Oui, mais, comment ça se dit? » Donc, on… vraiment faut… ça incite, c’est vraiment…
  Steve: Oui, je crois que ça c’est très important. C’est pour ça que nous espérons que d’avantage de nos apprenants, les gens qui apprennent le Français par exemple, que… ils vont s’inscrire pour des discussions avec toi, et ils vont rencontrer des gens de… des pays aussi loin l’un de l’autre que le Japon, le Brésil, enfin, Canada, enfin, n’importe où, Espagne…
  Marianne: Aux quatre coins de la Terre?
  Steve: … aux quatre coins de la Terre. Des gens qui apprennent… qui apprennent le Français. Et, ils vont connaître comme… comme toi tu l’as fait pour l’Anglais, des gens sympathiques. Et il faut dire que tous nos membres, à LingQ, sont des gens très sympathiques et très intéressants. Et… et je crois que, bon… Ça va sûrement continuer. Mais, bon, bien, on va laisser le sujet là. Merci beaucoup.
  Marianne: D’accord.
  Steve: Je sais que même… il y a nos… parmi nos tuteurs d’Anglais, il y en a qui sont tes étudiants déjà pour le Français.
  Marianne: Oui.
  Steve: Donc, il y a tout ce côté, les gens qui s’entraident. Je sais que… on a des tuteurs pour le Japonais et pour l’Espagnol, etcetera, qui étaient… et même pour l’Allemand, qui étaient eux aussi des étudiants pour l’Anglais. Donc ça fait partie aussi de cette… ce concept de communauté qu’on est… qu’on veut créer autour de LingQ…
  Marianne: Je pense que c’est important cette… le fait d’être une communauté et puis que, vu qu’on étudie en ligne, c’est… on n’est pas isolé, et puis… Moi, je sais que depuis que… ça va faire presque deux ans que je suis… Ça passe! J’ai vraiment… bien, depuis deux ans, je… je n’ai pas… je suis toujours enthousiaste avec ce système.
  Steve: Très bien! Très bien!
  Marianne: Ça m’a ouvert aux langues. Parce que, non seulement a… non seulement avec l’Anglais mais j’ai… j’ai testé d’autres langues et j’ai vraiment apprécié. Et ouvert aussi à d’autres… d’autres cultures, d’autres… C’est vraiment très bien.
  Steve: Mais, finalement, c’est ça le grand but parce que, les langues, c’est quoi? C’est… c’est des cultures, c’est des personnes.
  Marianne: Oui.
  Steve: Donc, plus on connaît de langues, mieux on peut apprécier d’autres cultures. Et chaque culture est une expression de l’Humanité… est une expression de… de la créativité de… de gens vivant aux quatre bouts, aux quatre coins du Monde et c’est… c’est un peu notre rêve avec LingQ que, maintenant on a peut-être une dizaine de langues mais, éventuellement cinquante langues. Pourquoi pas? Et… et que des gens de différentes cultures arrivent à mieux se… se comprendre. Et… je… je crois qu’on communique même quand on écoute et quand on lit. Donc, déjà, on commence dans son apprentissage, on commence donc à… à puiser dans ce… dans ces langues, à lire, à écouter, à… à voir comment les gens s’expriment, leur prononciation, les structures. Éventuellement, on veut donc parler avec ces gens là. Donc, on devient, enfin, plus actif. Mais, tout ça, c’est de la… de la communication et… et c’est incroyable aujourd’hui que, voilà… Ce soir, par exemple, on discute à travers des… des ordinateurs et, avec le « webcam », je te vois, tu me vois, enfin, c’est incroyable!
  Marianne: Oui ça c’est…
  Steve: C’est ça.
  Marianne: La technologie, c’est vraiment formidable!
  Steve: Incroyable! Mais il faut bien savoir en profiter. Bon!
  Marianne: Et ça fait plaisir de voir, derrière toi, le jour!
  Steve: Voilà! Oui, oui. Parce que là, chez toi, déjà, c’est le nuit… la nuit! Et, comme tu vois, eh bien… bien, même si j’ai vécu en France trois ans et puis j’ai fait des études universitaires en France, je continue à faire des fau… des erreurs en ce qui concerne le masculin et le féminin. Parce qu’il est impossible… parce que, bon, une personne, un Français ou une Française qui… qui ont entendu le Français à partir de… des… des premières années de leur… de leur vie, bien, pour eux, c’est automatique. Mais, pour moi, je… je ne vais pas me mettre à étudier chaque mot dans le dictionnaire pour savoir qu’est-ce qui est masculin et qu’est-ce qui est féminin. Donc, ça va sortir comme ça sort. Des fois c’est… c’est correct, des fois c’est faux, et je m’en f… j’en n’ai pas de… je n’ai pas de complexe.
  Marianne: Non, mais il n’y a pas lieu, c’est… je…
  Steve: Ok! Bien, merci beaucoup!
  Marianne: Je t’en prie, Steve.
  Steve: Ok! À la prochaine. Au revoir.
  Marianne: Au revoir.

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